MARRET FRERES

Marret Frères et Jarry fut initialement crée par Hyppolite Marret en collaboration avec son beau-frère Eugène Jarry, suite à une mésentente avec son frère Charles qui l'obligea à dissocier leur activité. La fabrique n'adoptera ce nom qu' en 1858 et cela jusqu'en 1879 sous l'impulsion de la génération suivante. Elle semble avoir maintenu l'activité paternelle de bijoutier tout en y ajoutant celle d'orfèvre où elle prospère comme l'atteste la production enregistrée pour cet atelier. On peut donc dater avec certitude cette pièce entre 1858 et 1879, néanmoins c'est l'analyse des armoiries qui va nous guider vers un propriétaire postérieur comme souvent le cas avec l'orfèvrerie puisqu'en effet malgrès la taille de l'écu déstiné à accueillir les armoiries, celles-ci ont été appliqué et n'occupent qu'un petite partie de cet écu.
Les armoiries de cette coupe sont donc celles des ducs de Lévis-Mirepoix dont la devise se lit "Dieur ayde au second chrétien Levis". Cette devise rappelle la légende familiale selon laquelle l'ancêtre des Lévis aurait été baptisé, lors du baptême de Clovis, après l'ancêtre des Montmorency, dont la devise est "Dieu ayde au premier baron chrétien"!.
En revanche d'après le dessin de ces armoiries et surtout la couronne ducale, il s'agit probablement d'Antoine de Lévis-Mirepoix, qui apparaît comme le seul à cette période à avoir porté le titre de duc de Lévis-Mirepoix à la différence de son père Charles-Henri (1849-1915) qui portait le titre de marquis de Lévis-Mirepoix.
Antoine de Lévis-Mirepoix, duc de San Fernando Luis, duc de Lévis Mirepoix, grand d'Espagne de 1° classe, maréchal héréditaire de la Foi, naquit au château de Léran, le 1 août 1884. Il fit ses études chez les Frères, puis au lycée de Toulouse, et enfin à la Sorbonne où il passa sa licence ès-lettre (philosophie). Lors de la guerre de 1914-18, il fut mobilisé et termina celle-ci avec les galons de capitaine. Après la guerre, les oeuvres s'enchaînent avec romans, poèsie, articles de revue, textes de spectacle, contes pour enfants. Il fut aussi maire de Mirepoix par délégation spéciale durant la seconde guerre mondiale. Il fut élu membre de l'Académie française, le 29 janvier 1953, au fauteuil de Charles Maurras. Il fut autorisé par décret présidentiel du 24 août 1961, à porter le titre de duc de San Fernando Luis, dans les actes publics. Il cumula de nombreuses activités dont la présidence de l'Association d'entraide de la noblesse française.

En 1979, il se sépara du château de la Flachère qui appartenant à la famille de son épouse Constance de Chaponay et dira : « Les miens et moi, nous aurions aimé poursuivre une partie de notre existence, dans ce qui fut la résidence de tant des nôtres. C'est donc avec tristesse et mélancolie que nous avons vu l'évolution des choses et l'accroissement des charges de toute nature, frapper particulièrement un domaine de la dimension de La Flachère et, contraindre aujourd'hui, inexorablement, ma descendance et moi-même à nous séparer, bien malgré notre voeu, de ce terroir familial dont la beauté frappe le visiteur. » Jusqu'a la fin de sa vie, il garda une vitalité qui faisait l'étonnement de la Compagnie. A près de quatre-vingt-dix ans, il se faisait encore descendre dans des arènes pour courir des vachettes landaises. Homme aux convictions monarchistes, il était attaché au comte de Paris et au catholicisme. Il mourut à Lavelanet, le 16 juillet 1981.
 
 
 
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